Ce soir, je pensais à la Turquie, à ces regards de femmes complices et malicieux, rieurs presque;
je pensais au mouvement féministe, à S. de Beauvoir, ressortie des tiroirs par les médias, qui prônait l'égalité sans penser, peut-être, que la solidarité féminine s'évanouirait dans la nature à la même occasion;
je pensais à Catherine Ringet chantant, criant plutôt "elles sont si maigres, elles me font peur" et à son clip peuplé de squelettes souriants;
je pensais aux grands couturiers qui, même hétérosexuels, n'aimaient plus la femme, ses courbes, sa différence et les auraient bien volontiers échangées afin d'exhiber leurs étoffes, estampes, brodures et paillettes contre quelques porte-manteaux ambulants, s'ils existaient déjà.
Je songeais à ce grand combat qui avait animé nos mères autour des droits de la femme; à ces haines virulentes opposant celles qui refusaient "d'avancer", accusées de pondre des enfants, de n'ouvrir aucun livre qui ne fût un manuel de cuisine à celles qui se lançaient à corps perdu dans des carrières jusque-là réservées aux hommes.
Et puis je revenais à la Turquie où les voilées subissent aujourd'hui les injures des partisanes du progrès car c'est ce qui m'avait frappée, ces haussements d'épaules déclarés, ces soupirs prolongés que les femmes libérées (ou désirant ardemment l'être) laissaient échapper à la vue d'une autre, respectueuse de la tradition, tête recouverte et yeux baissés. Ce mépris affiché.
Nos mères n'étaient pas loin des Turques européennes lorsqu'elles en accusaient certaines de ne penser finalement qu'à l'argent, à celui des allocations familiales et à celui de leur mari...
Il fallait lutter au nom de toutes les femmes, gagner un statut d'individu et par là même, enterrer la collectivité féminine qui ne resurgit aujourd'hui que sous des travers masculins s'il est question d'homosexualité.
Je pensais à tout cela sans en tirer la moindre conclusion. La solidarité masculine elle aussi a disparu. Seul le machisme - tradition, là encore - en conserve peut-être quelques bribes.
Je pensais à la raison qui empêchait la renaissance d'un esprit solidaire entre gens de même sexe intellectuellement évolués, et je ne la trouvais pas. Ou plutôt, je pensais que cette révolution féminine n'avait pas encore eu vraiment lieu, qu'elle s'était bornée à imiter le comportement des hommes. De même les hommes désireux de montrer leur considération pour la femme avaient emprunté des attitudes féminines.
Et je revenais à la Turquie, à ces regards complices, plein d'intelligence, d'humour et de malice qu'une femme souhaitant se libérer lance à une autre qui semble l'être.
jeudi, février 28, 2008
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1 commentaires:
ALORS, A QUAND UN NOUVEAU LYNCHAGE NUMERIQUE, MINABLE CONNARD DE FLIC, ORGANISE POUR ” SORTIR DE LEUR BOITE DES GENS ” QUI AURAIENT BESOIN D UNE BONNE LECON PARCE QU'AYANT DÉPLUT A CE GROS LACHE DE SI PEU PRESIDENT , MEUH ? http://embruns.net/ aka- Merci de votre commentaire. -Il a été bien enregistré et sera publié prochainement après validation.
http://www.w3.org/
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